Contactez-nous +33 (0)1 43 67 16 17 ou infos@formamod.com

Comment devenir styliste ?

Comment devenir styliste ?
2 mai 2018 Justine NEVEU

Quelles sont les caractéristiques de quelqu’un qui a vraiment du style ?

C’est vague… le style dépend de ce que la personne dégage. On peut être grand, mince, petit, gros, peu importe… Si on dégage quelque chose d’incroyable et qu’on est honnête avec ce qu’on est, on a du style.

Ton métier de styliste t’apporte une vision différente du quotidien ?

Je vis dans la mode depuis toujours, je me suis créé ce monde mais ce n’est pas forcément différent de la réalité. C’est ce que je fais qui est différent et ce que je recherche constamment dans la mode. J’ai un œil sur tout au quotidien que je retranscris  lorsque je dessine des modèles et que je créé des collections.

Tu es créateur de mode depuis combien de temps ?

Je suis styliste depuis en 2000, soit 18 ans.

Comment devenir styliste ?

On ne le sait pas à l’avance. On sait au fond de nous si on veut vraiment créer sa marque de mode on doit se lancer. Tout n’est pas inné… Et nous devons tout de même nous former au sein d’écoles de mode afin d’apprendre le stylisme, le dessin technique, la création textile, le modélisme sur informatique, le montage de vêtement, le patronnage, la gradation… Je conseille aux étudiants d’être armés parce qu’on n’est pas les seuls à vouloir faire ce métier de créateur de mode. Il est donc important de se former au sein d’une bonne école de mode

Après, c’est une question de relations mais il faut se lancer. Le point positif en France c’est cette culture de création de marque. Beaucoup de jeunes français se créé leurs propre marque.

 Par rapport à ton expérience de créateur de mode, Est-ce plus simple qu’avant ou est-ce que la concurrence est de plus en plus importante ?

Avant, les couturiers étaient des gens de grande famille avec des grandes relations. Aujourd’hui on peut lancer sa collection sans avoir d’argent, parce qu’on peut aller acheter des tissus au marché, monter des prototypes, faire des photos avec ses amis. Puis les réseaux sociaux sont très utiles ainsi que la création d’un site internet simple sans avoir besoin d’une agence. Tous ces nouveaux outils gratuits permettent de créer avec rapidité sans apport financier. On dit maintenant que ce seraient les réseaux sociaux qui remporteront les meilleures ventes et que tout s’achètent sur internet. De plus en plus de multimarques ferment laissant place à des e-market place extrêmement bien structurées. Depuis quelques années, on s’intéresse au créateur : qui est-il, d’où vient-il, quel est son réseau et c’est à la fin qu’on vient voir ce qu’il fait. On

vend une image, un esprit, un réseau d’individus.

Est-ce que tu regardes les tendances pour faire autre chose que les tendances ou est-ce que vraiment tu ne regardes pas les tendances ?

J’observe la mode. Avant même de présenter ma collection, j’ai été voir ce qu’il se passait à Londres, à Milan, à New York. C’est indispensable, il faut savoir ce que font les autres, les concurrents du marché de l’habillement. Lorsqu’on fait un métier, on est au courant de tout ce qui se passe dans le métier. Ce n’est pas forcément observer les tendances, mais bien sûr que je les connais, mais il faut savoir tout ce qu’il se passe pour ne pas faire les mêmes chose et être nouveau. Je fais ce qu’on appelle du shopping visuel, je regarde les vêtements des autres, dans les grands magasins, les multimarques.

Est-ce que tu as eu un déclic pour devenir styliste, ou est-ce que ça s’est fait petit à petit ?

 

En CP, à l’âge de 6 ans, je dessinais déjà des silhouettes sur mes cahiers d’écolier au lieu de travailler. J’ai toujours voulu faire cela. Pendant les années 80, j’ai été nourris par les grandes séries américaines avec beaucoup de couleurs électriques et de volumes excentriques. C’est personnel, je sais pourquoi je fais cela. J’ai toujours voulu faire cela. Je suis allé dans plusieurs écoles de mode à Paris : Formamod et le Studio Berçot. Après mes études, je suis parti aux Etats-Unis aider des gens qui commençaient à lancer leurs collections puis j’ai commencé les miennes à paris en 2000. Ça a toujours été une envie et non un choix.

 C’est un métier en perpétuel évolution, en perpétuel changement, est-ce que tu as déjà pensé à l’intégration de nouvelles technologies, de nouvelles matières ?

Dans les matières oui, le silicone, le latex, je traite mes matières avec ces deux matières-là. Je plastifie,je peins, je personnalise mes matières. Il existe aussi de nouveaux moyens notamment grâce aux ordinateurs : on imprime les patrons, les toiles en 3D. On va beaucoup plus loin : les patronages sont numérisés,… De nombreuses possibilités s’offrent aujourd’hui aux stylistes-modélistes et créateurs de mode.