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C’est quoi être styliste ?

C’est quoi être styliste ?
25 avril 2018 Justine NEVEU

C’est quoi être styliste ?

Interview de David Vincent Camuglio, styliste et créateur de mode

 Originaire de l’île de beauté David Vincent Camuglio fait ses armes chez Richard Carrière où il acquiert les techniques du métier de styliste, il apprend le travail de la peau et de la fourrure, assisté Popy Moréni, travaille pour Louis Féraud avant de suivre les cours de l’école Formamod et du Studio Berçot où il terminera Major de sa promo.
Un passage chez différents créateurs comme Jérémy Scott, Bertrand Maréchal, Shirtology’s, Lanvin et un détour à New York… 
De retour à Paris il enchaîne les concours, le « Barclay Catwalk » à Zurich et celui de Riga en Lettonie avant de présenter sa première collection le P/été 2001, il est ensuite sélectionné par le Palais Galliera pour l’exposition « les nouveaux créateurs ». Grâce au soutien de Jean-Jacques Picart, il reçoit la bourse LVMH pour 2 collections, entouré par la ville de Paris il défile au Musée Galliera, au Louvre et reçoit les sponsors de Solstiss, Saga Furs… Depuis plusieurs saisons, DVC est styliste / créateur de mode et présente ses collections dans le calendrier du prêt-à-porter, participe à de nombreux festivals de mode dans le monde entier et collabore avec le théâtre, le cinéma et des écoles de mode comme consultant… entre autres chez Formamod

Portrait d’un créateur de mode à forte ADN

Comment formes-tu les élèves à être styliste ? 

DV : J’apprends aux élèves la création d’une collection, je les guide pour être styliste et créatif. C’est très vaste, ils pourront faire par la suite de la femme, de l’enfant, de l’homme, du prêt-à-porter, de l’accessoire, de la haute couture, de la diffusion grande masse. C’est les bases concrètes de ce travail de styliste, à travers des recherches iconographiques, de gamme de couleurs, de gamme de matières, sur une saison bien précise qu’on ne choisit pas.

Actuellement les élèves travaillent sur l’été 2019 afin qu’ils sortent de l’école, avec un dossier cohérent avec ce qu’il se passe dehors, la réalité du marché. On les met en conditions professionnelles. On leur parle de la mode parce qu’il faut qu’ils doivent la connaitre. On leur présente des vidéos de créateurs, des défilés… On leur raconte toutes les histoires qu’ils doivent savoir pour voir peut-être plus tard avec qui ils travailleront. On leur apprend la créativité, comment être créatif et qu’est-ce qu’un créatif. Comment on le devient…

Avant d’être formateur et créateur, est-ce que tu veux nous parler de te dernière collection, dont les photos vont bientôt sortir ?

DV : Alors, je m’inspire de deux choses. Comme j’ai une formation de technicien, je m’inspire de l’anatomie du corps humain : des os, des muscles, de la chair, des veines, de la peau. De tout ce qui construit le corps humain. Et j’y travaille pour y construire une deuxième charpente, une nouvelle enveloppe, un nouveau corps.

C’est donc la partie technique qui me permet de faire cela comme j’ai appris le tailleur. Je construis un vêtement et en parallèle, je raconte des histoires, et ces histoires je peux les raconter grâce à tout ce qu’on fait. Et c’est ce que j’apprends aux élèves : pour être créatif, il faut se nourrir de plein de choses ; de la vie, des expositions, d’un film, de la littérature, de rencontres. Tout est nourrissant. Un créatif doit absorber avant de rejeter des propositions de mode. Avec la technique que je maîtrise dans ma recherche anatomique, je rajoute à cela, l’art contemporain qui m’entoure, le cinéma, les voyages. Beaucoup de choses m’inspirent. Donc je rajoute cela à mes idées afin de créer tous les 6 mois, une collection pour femme.

Avant d’être formateur et créateur, est-ce que tu veux nous parler de ta dernière collection, dont les photos vont bientôt sortir ?

DV : Je m’inspire de deux choses. Comme j’ai une formation de technicien, je m’inspire de l’anatomie du corps humain : des os, muscles, chair, veines, peau… tout ce qui constitue le corps humain. Et j’y travaille pour donner vie une seconde charpente, une nouvelle enveloppe, un nouveau corps. C’est la partie technique qui me permet de faire cela car j’ai appris le tailleur. Je construis un vêtement et en parallèle, je raconte des histoires, et ces histoires je peux les raconter grâce à tout ce que je vis. C’est ce que j’apprends aux élèves : pour être créatif, il faut se nourrir de la vie, des expositions, d’un film, de la littérature, de rencontres… Tout est nourrissant. Un créatif doit absorber avant de rejeter des propositions de mode. Avec la technique que je maîtrise dans ma recherche anatomique, je rajoute à cela, l’art contemporain qui m’entoure, le cinéma, les voyages. Beaucoup de choses m’inspirent.

Est-ce qu’on peut dire que tu as un axe, ou une ADN qui se retrouve partout, en plus de la morphologie du corps humain ?
DV : Ça je l’espère, j’ai présenté en mars 2018 ma 26ème collection donc j’espère que j’ai une ADN (rire). Je suis constamment dans la création, on le voit sans le voir. Il y a des pièces que j’ai proposées il y a 15 ans, que je re-propose aujourd’hui, dans différentes matières et dans différents coloris. C’est une forme d’ADN, d’identité qui revient. Mon travail de styliste, à mon avis, est très couture, très ciselé, très précis, très coupé, sur une silhouette très française, c’est-à-dire que les articulations sont marquées. C’est un travail de créateur de mode c’est-à-dire de très bonne qualité ; un créateur de mode doit faire cela en principe. C’est un mot qui est aussi très galvaudé. On propose quelque chose, au niveau technique, très poussé très abouti. Au niveau du style je l’espère aussi. C’est un ensemble de choses qui fait que chaque saison, une collection sort. Une collection sort aussi car il y a des idées, un enrichissement personnel. Il faut parler, rencontrer, voir les choses pour être des vampires. C’est-à-dire constamment en train de se nourrir de ce qui nous entoure puis après, rajouter quelque chose…

Est-ce que tu as l’habitude de travailler sur certaines matières, ou as-tu des matières favorites ?

DV : Oui, j’aime beaucoup les crêpes de soie, crêpes de polyester. Je brûle certaines matières comme le polyester. Les mousseline de soie, de satin me plaisent beaucoup aussi. J’aime les laines, les caprines de coton, graine de poudre. J’utilise les dentelles, beaucoup de matières qui reviennent parce qu’elles plaisent mais je travaille aussi le silicone et le latex ce sont de nouveaux matériaux que je couds moi-même et que je pose sur mes matières. J’aime que les matières soient très naturelles soit très techniques. Pour justement, proposer à chaque fois une silhouette qui mixe tout cela.

Combien te coûte une collection et combien de temps cela prend ?

DV : En Mars 2018 par exemple, j’ai présenté ma nouvelle collection. En février on commence à voir, Première Vision, de nouveaux tissus pour la prochaine collection, octobre 2018. Vers mars, on doit déjà avoir des idées pour la prochaine collection, celle d’octobre. Février je touche de nouvelles matières puis on les envoies en atelier, mars je termine l’hiver 2019, et je commence à travailler sur la nouvelle collection. Mars avril on commence à faire les toiles, à faire les essayages. On commence la couture en mai/ juin pour être prêt pour les préventes. Puis je suis prêt en septembre pour faire les shooting. Ensuite, le coût d’une collection varie. En général l’hiver les coûts sont plus élevés car qu’il y a plus de matières, plus de pièces. Il y a le lainage c’est plus lourd, plus épais et parfois plus cher. Toutefois le coût varie aussi selon les looks. Il y a entre 15 et 20 looks par collection.

Un créateur de mode doit être à la fois styliste, c’est-à-dire créatif mais en même temps doit maîtriser les techniques de modélisme pour créer le vêtement tout en étant ayant l’esprit business. Comment arrive-t-on à combiner ces compétences ?

DV : Ça, ça ne se choisit pas, on est styliste ou on ne l’est pas. Après il y a des écoles de mode qui nous forment. Mais 2 élèves qui vont être formés dans la même école de mode en technique n’auront pas forcément le même niveau. Je conseille aux élèves d’apprendre un maximum de choses en style, d’apprendre le moulage, le patronnage, le montage des vêtements… c’est indispensable. J’ai monté mes collections tout seul pendant 2 ans, heureusement que je savais coudre pour le faire.

 

Plus on sait faire de choses, meilleur sera le résultat. Si on travaille pour un créateur de mode, on peut toucher à tout : au style, à la technique, à la partie commerciale … Etre styliste et modéliste c’est un métier.